Grands Projets Inutiles et Imposés : des nouvelles encourageantes !
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Les nouvelles ne sont pas toujours mauvaises. Après Notre Dame des Landes, ce sont d’autres Grands Projets Inutiles et Imposés (GPII), qui sont remis en cause par le rapport du comité d’orientation des infrastructures (COI) rendu hier jeudi 1er février 2018. Ce COI conseille le gouvernement sur la mobilité au quotidien, sur l’entretien des infrastructures, et le développement de nouvelles infrastructures de transports.

Les conclusions de ce rapport vont dans le sens des écologistes. Karima Delli, membre du COI, déclare : « L’urgence climatique nécessite la réduction des gaz à effet de serre émis par le secteur des transports, et le rapport apporte des solutions à la transition écologique. » « Ce qu’il y a de bien dans ce rapport, précise l’élue EELV, c’est qu’il rentre pleinement dans le XXIe siècle, en imaginant des mobilités agréables et du quotidien à la place des grands projets infrastructurels. »

Nous nous félicitons que les modes actifs (vélo, marche..) soient reconnus dans ce rapport. Pour la première fois depuis près de 15 ans, l’État pourrait inscrire des financements en faveur du vélo et des modes actifs en face des objectifs qu’il a fixés. La part modale du vélo passerait à 12,5% en 2030. Cet engagement est rendu encore plus nécessaire par la pollution atmosphérique croissante et les sanctions européennes encourues par la France pour le non-respect de ses engagements.

Notre région est concernée par deux de ces GPII :

  • Pour le Lyon-Turin le rapport indique : « Il semble peu probable qu’avant dix ans, il y ait matière à poursuivre les études relatives à ces travaux qui seront au mieux à engager après 2038 », ce qu’EELV répète depuis longtemps. Les élu-es régionaux du Rassemblement Citoyen Écologiste et Solidaire (RCES) écrivaient en juillet 2017 que le Lyon Turin était un gouffre financier « des alternatives au projet doivent être trouvées car il y a urgence. Les vallées alpines souffrent de la pollution de l’air. Le report modal doit être organisé dès maintenant en utilisant la ligne existante. » Laurent Wauquiez n’a pas été sensible à ces arguments, il continue à être favorable au projet Lyon Turin. Peut-être ce rapport du COI le fera réfléchir.

  • Pour l’autoroute A 45, le projet consiste à créer une nouvelle liaison autoroutière entre Lyon et Saint-Étienne. « Ce projet continue de diviser très fortement tant les élus que la société civile de la région Auvergne-Rhône-Alpes » conclut le COI. Le rapport recommande à l’État d’organiser un débat public multimodal dès 2019, dont l’objectif serait d’évaluer et de mettre en cohérence tous les projets de transport du territoire (A45, mais aussi contournement ferroviaire de Lyon et accès au tunnel Lyon-Turin). Et d’attendre les conclusions de ce débat avant de signer le contrat de concession (lequel contrat a été évalué entre 800 millions d’euros et 1,5 milliards d’euros !). Nous souhaitons aussi que le Président de région tienne compte de ce rapport.

Nous déplorons ces décisions du Président de région qui vont à l’encontre des accords de la COP 21, contre la protection de la biodiversité et de la qualité de l’air.

Nous avons aussi à Valence un Maire qui ne tient pas compte de la COP21 et de la préservation des terres agricoles. Concernant le contournement autoroutier de Valence un large débat bien organisé devrait avoir lieu pour savoir si ce projet permettrait la diminution de la circulation et de la pollution de l’air. Il promet lors de ses vœux qu’il agira pour le contournement de Valence en sachant que certains terrains ont déjà été vendus après le débat public sur la liaison autoroutière Valence – Grenoble. Bien sûr qu’en tant que Valentinoi-es nous aurions préféré que cette autoroute passe ailleurs, mais maintenant que l’erreur est faite il ne s’agit pas d’aller polluer les autres, mais de réfléchir à comment se déplacer et transporter des marchandises différemment que par camions. Nous espérons que Nicolas Daragon tiendra compte des recommandations du rapport du COI pour notre agglomération.

Pour EELV Drôme

Danielle Persico, Josiane Gonnot